Certains
pensent que la situation financière grecque ne regarde que la Grèce.
D’autres voient même une question morale
dans le risque de défaut de paiement du pays, sanctionnant des
années de mauvaise gestion publique. Ils se trompent lourdement.
D’abord, nous n’en serions pas là si l’Europe avait pris les décisions qui s’imposaient après l’avertissement sévère de la crise financière de 2008. Mais daucune leçon n’en a été véritablement tirée pour éviter de nouvelles crises. Il est impératif d’accroître la régulation des produits hautement spéculatifs, de séparer les activités de dépôt et d’investissement, de revoir les normes comptables pour prendre en compte tous les risques, de créer une agence de notation publique sous la responsabilité de l’Eurogroupe, mais aussi et surtout une stratégie de croissance et d’emploi.
Aucun Européen ne peut accepter que nos amis grecs subissent ce
que les Argentins ont vécu, dix ans durant, après la
faillite de leur pays fin 2001. une situation similaire au sein de la zone euro signerait le terrible naufrage de la
coopération européenne. Car, en Grèce, il n’est plus seulement question
d’austérité, de récession, ni même d’économie, mais
des conditions de la survie d’un peuple.