jeudi 27 octobre 2011

Accord européen : un pansement sur la plaie !

Le compromis arraché in extremis mercredi soir à Bruxelles n’est pas le cri de victoire que poussent Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, comme ils l’avaient fait lors du précédent accord le 21 juillet. A chaque fois, il a fallu tout recommencer. Techniquement, le pire est évité.

La Grèce est épargnée d’une faillite, le fardeau de sa dette est allégé, les banques sont mises à contribution, le fond de stabilité financière est renforcé. Tout cela était nécessaire. Il fallait un accord. Mais comme les précédents, celui-ci relève davantage du pansement d’urgence que de l’évènement historique. Il ne pose aucun acte refondateur de la zone euro comme la mutualisation de la dette (eurobons), la possibilité pour la BCE de prêter aux Etats, le dégagement de recettes pérennes (taxe sur les transactions financières), les programmes d’investissements et de croissance. Quand à la recapitalisation des banques, on attend les garanties qu’elle ne pèsera pas sur les consommateurs et l’accès au crédit.

Plus grave, politiquement le prix à payer risque d’être très lourd. En faisant appel à la Chine et aux pays émergents pour financer sa dette, l’Europe obère son autonomie de décision politique et financière. Là où elle avait l’occasion historique de se souder en « Europe de combat », de trouver en elle-même les moyens de son redressement, elle a préféré appeler au secours les puissances extérieures. Qui peut croire que cela soit sans contreparties pour l’avenir ? Comment pourra-t-elle exiger de ses créanciers de respecter des normes de réciprocité en matière monétaire, sociale et environnemental dans les négociations commerciales. L’Europe devait sauver sa monnaie mais pour se construire un projet politique commun pas pour renoncer à ses intérêts.

Quant aux peuples, ils sont les grands oubliés. La seule perspective qu’on leur offre, c’est l’austérité.  L’accord de Bruxelles ne comporte aucune stratégie de croissance et de développement. Son seul horizon pour apurer la dette est de tailler dans l’investissement public et la protection sociale. Cette politique est suicidaire. Elle a conduit les Etats européens dans la spirale de la récession. On en voit les retombées directes : le chômage, l’appauvrissement, le surendettement. Tous ces chantiers sont devant nous.